Anna Atkins

Dans l’histoire de la photographie, les noms féminins ressortent malheureusement assez peu. Et pourtant, il y en a un qui apparaît très tôt, c’est celui d’Anna Atkins. Mais qui était cette dame ?

Ceux qui pratiquent les tirages alternatifs et particulièrement le cyanotype auront reconnu le doux nom d’Anna Atkins car c’est précisément dans cette dernière pratique que la dame s’est illustrée.

Portrait d’Anna Atkins en 1861 (auteur inconnu)

De son nom de jeune fille, Anna Children est née en 1799, à Tonbridge au Royaume-Uni, et perd sa mère très tôt. Elle est élevée par son père John George Children, un célèbre naturaliste, et reçoit dès le plus jeune âge une éducation scientifique dans cette Angleterre victorienne où les femmes étaient volontiers éloignées des cercles érudits. Ainsi très jeune, elle apprend la taxonomie aussi bien végétale qu’animale. Parallèlement, elle excelle en aquarelle et se retrouve à illustrer la traduction anglaise que rédige son père de Histoire des mollusques de Lamarck, un ouvrage crucial dans le monde de la biologie.

En 1825, elle épouse John Pelly Atkins. Son attrait pour la biologie ne faiblit pas et elle va petit à petit se tourner vers les végétaux, dont elle collectionne les herbiers. Plus tard, elle se spécialisera dans l’étude des algues et leur taxonomie.

Page de garde de British Algae : Cyanotype Impressions par Anna Atkins

Grâce à son père, son enseignement mais également son entourage culturel, Anna est depuis tout petite au contact quasi quotidien de grands scientifiques anglais. Parmi eux, il y a Sir John Herschel et de William Henry Fox Talbot, deux pionniers de la photographie (que je vous présenterai un peu plus tard). Tous deux travaillent sur des techniques pérennes d’impression d’images. Alors que William Henry Fox Talbot s’intéresse aux sels d’argent et invente les calotypes, Sir John Herschel lui se penche sur les ions ferriques et décrit les cyanotypes.

Anna qui suit avec attention l’évolution des recherches de ses deux hommes, utilise la technique du cyanotype dans sa démarche scientifique. Elle constitue un herbier d’algues, par la technique du photogramme via le cyanotype. La publication du premier tome de cet British Algae : Cyanotype Impressions a été publié en 1843. L’ensemble de ce travail est constitué de 12 tomes, publiés en 10 ans. Par la suite, Anna poursuit l’utilisation des cyanotypes en les appliquant aux fougères. Ces ouvrages sont encore consultables au British Museum ou au New York Public Library. 

Extrait de British Algae: Cyanotype Impressions par Anna Atkins

Lors du décès de son père dont elle était très proche, elle prend la plume pour écrire sa biographie, en se basant notamment sur de nombreuses correspondances. Cette biographie, du nom de Memoir of John George Children, est publiée en 1853. A travers les différentes lettres, ce livre constitue encore à ce jour, notre source principale d’informations sur la vie de cette pionnière.

Elle décède en 1871, en laissant dernière elle, un travail d’une grande richesse scientifique tout en popularisant un procédé photographique encore utilisé de nos jours ! Elle est pour beaucoup considérée comme la première femme photographe.

Anaïs

Parce que l'argentique est tellement plus sensuel...

Une pensée sur “Anna Atkins

  • 14 mars 2019 à 11 h 55 min
    Permalink

    Article intéressant sur un de ces personnages de l’histoire de la photographie. Merci 🙂

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *