Test : Nikon FM2

Produit de 1982 à 2001, le FM2 fut l’une des plus belles réussites de la marque Nikon. Entièrement mécanique, il a séduit pléthore de photographes et a su s’imposer par une fiabilité et une robustesse à toute épreuve. Penchons-nous de plus près sur ce boîtier de légende !

Le Nikon FM2 en détail

  • Origine : Japon
  • Date de production : de 1982 à 2001
  • Corps : Alpax (alliage aluminium-cuivre-silice)
  • Format de film : 135
  • Format des prises de vue : 24×36
  • Objectif : interchangeable
  • Vitesses : 1 à 1/4000 de seconde
  • Mise au point : manuelle
  • Sensibilité : de 12 à 6400 ISO
  • Viseur : reflex
  • Armement par levier
  • Cellule : intégrée, nécessitant 2 piles LR44 (3 V)
  • Filetages pour trépied (vertical sous le corps)
  • Dimensions : 142,5 x 90 x 60 mm
  • Poids : 540 grammes nu ; 800 grammes avec un 50 mm 1.4 AI

Nikon FM2

La genèse

Alors que les constructeurs de l’époque se livrent une guerre impitoyable dans une course à l’électronique, Nikon décide de penser à rebours en offrant au public un boîtier complètement mécanique, fiable et robuste. La manœuvre était simple : viser un public qui refusait de se laisser séduire par une technologie superfétatoire et ainsi conserver la part de marché hostile à l’électronique. C’est dans ces conditions que naquit le FM2.

Le boîtier est orienté semi-professionnel (la catégorie professionnelle exigeait une couverture 100% et un prisme interchangeable) et se caractérise par une compacité et une légèreté étonnante. En 1984, Nikon améliorera le système et passera du FM2 au FM2N. Quelques modifications mineures viendront modifier le boîtier, mais rien de neuf sous le soleil.

En effet, le synchro flash passe de 1/200 à 1/250 de seconde. L’obturateur initialement en feuille de titane sera remplacé par de l’aluminium, moins noble certes, mais tout aussi robuste.

Complètement mécanique, l’appareil atteint sans problème les 1/4000 de seconde, une prouesse pour l’époque.  Il sera produit jusqu’en 2001 avant que le FM3A lui vole la vedette.

Nikon FM2

Une envie latente

Il y a un petit moment que le Nikon FM2 me faisait envie. On ne tarit pas d’éloges à son sujet et je voulais savoir ce qu’il avait dans le ventre. Néanmoins, plusieurs raisons me faisaient hésiter à passer le cap.

La première résidait dans mes affinités pour Nikon. La marque était un mystère complet pour moi. La seconde relevait dans le prix du boîtier nu : il dépasse allégrement les 200 euros. J’avais beaucoup de mal à investir une telle somme pour un boîtier que je n’étais pas sûr de conserver.

Les jours passants, l’envie me reprit petit à petit. Puis un jour, sans grande conviction, je lance une recherche sur un site d’occasion et là je vis un magnifique FM2 avec son 50mm 1.4 pour le prix du boîtier nu ! Je prends contact avec le vendeur et décide d’aller voir l’ensemble. Une fois sur place,  je m’aperçois que les mousses sont à refaire et que la graisse de l’objectif s’était délitée. Aucun problème ! Il me restait des mousses de rechange et de la graisse à la maison. Deux coups de vis, une pointe de colle et le revoilà tout neuf.

La prise en main

Le FM2 a de sérieux atouts pour séduire les photographes les plus exigeants. À la fois compact et léger, il permet une grande discrétion dans pas mal de situations.

Son viseur couvre 93% du champ et permet un affichage clair et précis. Le posemètre est primaire, mais redoutable dans toutes les conditions d’exploitation. La construction générale est excellente. L’alliage en Alpax fait de lui un véritable petit char d’assaut. L’ergonomie générale est de grande qualité. La tenue de l’appareil est bonne, mais les grandes mains risquent de maudire leur auriculaire. La molette des vitesses se révèle d’une précision chirurgicale. On appréciera l’accès très aisé même lorsque l’œil est rivé au viseur. Le levier d’armement possède une bonne souplesse. On ajoutera également que ce dernier permet de verrouiller le déclencheur lorsque sa position est au repos. L’obturateur mécanique d’une durée de vie de 100 000 cycles permet d’atteindre le 1/4000 de seconde. Un réel confort dans les situations de forte luminosité.

De manière épisodique, le FM2 développe une pathologie sans gravité. Il arrive que le levier d’armement se bloque après avoir déclenché. On prendra donc le temps de déposer la semelle et de relâcher la came de commande manuellement.

Nikon FM2

Conclusion

Le FM2 est un boîtier légendaire à juste titre. Nous avons le droit à une conception soignée et épurée de la part de Nikon : chaque élément prend sens lors de l’utilisation et aucune place n’est laissée au superflu. Tout est conçu pour se concentrer intégralement à la prise de vue.

Photographier avec le FM2 est un vrai plaisir et il conviendra parfaitement aux photographes affranchis désireux de pérenniser sa pratique argentique. Sa valeur marchande se situe entre 200 à 350 euros (boîtier nu). Une version titane fut produite entre 1994 et 1997, mais il se négocie entre 400 à 700 euros.

Nikon FM2

2 thoughts on “Test : Nikon FM2

  • 25 octobre 2018 at 14 h 49 min
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    Le premier boitier de mon père, photographe de métier, et avec lequel j’ai eu la chance de faire moi aussi mes premiers pas en argentique… quel coup de bol d’en avoir trouvé un d’occasion ! je guette moi aussi les annonces mais sans succès pour le moment 🙂 en tout cas merci pour l’article, ce boitier est incroyable et il méritait bien quelques mots !

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  • 10 décembre 2018 at 15 h 33 min
    Permalink

    Bonjour,

    Bel article, merci !
    J’ai trouvé de vieilles péloches et parallèlement j’ai hérité de 4 FM2, je sens que je vais m’amuser.
    Si il y a des intéressée, j’ai un FM2 noir. Mise à part la feuille de garantie dans le boitier qui est absente il est pour dire neuf ! Un autre en moyen état avec une jolie patine dont je voudrais aussi bien m’en séparer. Les deux autres je l’ai garde. 🙂
    Infos sur demande si quelqu’un est intéressé.

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