Test : Zeiss Icarex 35

Aujourd’hui un petit appareil bien sympa, l’Icarex 35 !

Icarex 35

Un peu d’histoire

Lancé en 1967, cet appareil était destiné à contrer les attaques de plus en plus fortes des marques japonaises. Cependant, il ne rencontra pas le succès escompté. Il présentait dès son lancement un certain nombre de défauts : monture à baïonnette spécifique, cellule non couplée et le tout dans un appareil dont le style angulaire n’était plus d’actualité.

En 1968, Zeiss-Ikon sort le boitier en monture M42 offrant la possibilité à de nombreux photographes de pouvoir utiliser une multitude d’optiques, déjà très présentes dans le paysage photographique. En 1969, un nouvel Icarex, le 35S vient rejoindre la version 35. Il est proposé dans les 2 montures. Le 35S perd les viseurs interchangeables mais gagne une cellule couplée sans mesure à pleine ouverture. L’appareil est lourd, encombrant mais bien fini.

Une ultime tentative de Zeiss fut le lancement en 1971 du SL 706. Ce dernier ne permit pas de sauver le modèle qui cessa toute production en 1972.

L’icarex 35 se décline en plusieurs modèles :

  • Icarex 35S TM, commercialisé en 1968, se déclinant en version monture à vis M42
  • Icarex 35S BM
  • Icarex 35S BM variante
  • Icarex 35S BM black
  • Icarex 35S BM black PRO
  • Icarex 35CS, boitier avec un prisme et posemètre incorporé au CdS

L’Icarex 35 : Fiche technique

Voici les principales caractéristiques de l’Icarex 35 :

  • Origine : Allemagne
  • Date de fabrication : de 1966 à 1971
  • Format de film : 35mm
  • Visée : reflex (poitrine et/ou occulaire)
  • Cellule : seulement sur certains modèles
  • Mode(s) d’exposition : manuel
  • Sélecteur d’ISO : jusqu’à 1600 ISO
  • Vitesse : 1/2 à 1/500ème
  • Retardateur : oui
  • Nombre de poses : jusqu’à 36 poses
  • Monture : monture à baïonnette spécifique
  • Obturateur : rideau

Le modèle présenté ici est la version noire de l’Icarex 35 dite « Pro ». Il dispose du prisme à cellule le qualifiant ainsi de « CS ». Les vitesses vont de ½ à 1/500ème de secondes.

L’obturateur est à rideaux. Il est équipé du Carl Zeiss Tessar 2,8/50mm à monture baïonnette .

Sur le terrain

L’appareil est tout de même assez lourd au premier abord pour un 35 mm mais au final, à l’usage, cela ne se ressent pas tant que cela. Il faut dire que passer d’un Minolta X500 ou d’un Olympus OM2 vers un Icarex 35 va se sentir. 😉

 

Icarex 35

Icarex 35

A droite de l’appareil se trouve la molette permettant de modifier la vitesse, allant de la pose B à 1/500ème, ce qui peut suffire dans la majorité des cas. Cette molette n’est pas très simple d’accès et le changement de vitesse est assez délicat à faire pendant la prise de vue.

Au préalable, il faudra se munir d’une cellule afin d’avoir les bonnes indications de prises de vue.

Icarex 35

Icarex 35

L’objectif fourni de base est un Carl-Zeiss 50mm f/2.8, ouvrant de 2.8 à 16. La monture est spécifique à l’Icarex 35. Il est possible d’utiliser des bagues adaptatrices permettant d’utiliser vos objectifs en monture M42. Cela permettra donc de jouer avec différentes focales.

Icarex 35

Icarex 35

Le placement de la pellicule est classique. Il n’y aura pas de difficulté à mettre une nouvelle pellicule. A noter, l’obturateur à rideaux.

Icarex 35

Icarex 35

Mon exemplaire a un peu vécu comme vous pourrez le constater. Comme pour beaucoup d’appareils, le bas de l’Icarex 35 permet de se fixer sur un trépied au pas de vis standard. Le bouton situé à gauche sur l’appareil (mais à droite sur la photo) permet de rembobiner la pellicule une fois cette dernière terminée.

Icarex 35

Icarex 35

Sur le côté gauche de l’appareil, proche de l’objectif se trouve les broches permettant de rajouter un flash externe sur l’appareil. Le X étant la synchronisation flash.

Icarex 35

Icarex 35

Pour le plaisir des yeux, l’objectif Carl Zeiss 2,8/50 dans sa formule Tessar.  Cet objectif est de très bonne qualité. La mise au point minimum se fait à partir de 45 cm. Pour les amateurs de piqué à pleine ouverture … ne passez pas votre chemin !

Pour l’anecdote, Tessar provient du grec Téssera, ce qui signifie 4. L’objectif est donc composé de 4 éléments en 3 groupes.

Icarex 35

Icarex 35

Icarex 35

Icarex 35

Vous ne rêvez pas, vous pouvez l’emmener avec vous sur les bords d’une piscine 😉

Les photos suivantes ont pour but de vous montrer une variante de l’appareil, dans sa version 35S. Jouons donc au jeu des 7 erreurs.

Icarex 35S

Icarex 35S

Icarex 35S

Icarex 35S

Icarex 35S

Icarex 35S

Verdict

Même si l’appareil n’a pas forcément reçu de bonnes critiques au moment de son lancement, je dois reconnaître qu’il est très plaisant à utiliser. Par rapport à d’autres appareils, il n’est pas lourd et on sent très bien que la qualité de construction est présente. Rien n’est cheap sur cet appareil.  La qualité optique est présente, du Zeiss en formule Tessar de plus, ce qui peut surement sauver l’utilisation de l’appareil.

Lorsque je me suis procuré l’appareil, j’ai eu plusieurs viseurs. Celui présenté dans l’article permet une visée orientée « poitrine » mais il est possible de le changer pour mettre un viseur plus traditionnel. J’ai également eu l’impression que le bruit de déclenchement est assez caractéristique, je ne l’ai entendu nul part ailleurs.

Il n’est peut-être à mettre dans les mains de personne qui souhaitent débuter en photographie argentique mais je pense qu’il a totalement sa place dans le sac de photographes aimant le 100% manuel.

Quelques images

Les images ont été développées avec du Kodak D-76.

Icarex 35

Icarex 35

Icarex 35

Icarex 35

Icarex 35

Icarex 35

Rémy

Depuis le temps, faudrait que je teste le numérique quand même ;)

8 pensées sur “Test : Zeiss Icarex 35

  • 2 mai 2019 à 11 h 06 min
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    Bonjour Rémy,

    Quelle science ! toujours autant de plaisir à te lire !
    cordialement,
    Elise

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  • 7 mai 2019 à 10 h 39 min
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    Ho lala ! Ca ne me rajeunit pas cet article. Je me souviens en 70 d’avoir reçu un courrier de Zeiss Ikon nous annonçant la cessation de la fabrication du matériel amateur en 1972. Nous avions quelques Icarex en stock mais nous avons réussi à les vendre sans trop de problème. A cette époque c’était le Minolta SRT 101 qui avait la vedette.
    Aujourd’hui j’en ai 5 dans ma vitrine de collection et j’ai toujours un grand plaisir à les faire fonctionner. Ils n’ont pas prit une ride. Le chrome est toujours impeccable , même la version noire « pro » n’a pas une rayure ! Je ne vous parle pas de la qualité des objectifs ! En 30×40 ça pique ! Bon, d’accord faut tout faire à la main, mais n’est-ce pas un bon exercice ?

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  • 7 août 2019 à 13 h 21 min
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    Très intéressent, je peux maintenant assurer que je vais garder mon icarex !

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  • 23 octobre 2019 à 15 h 50 min
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    Bonjour,
    j’ai en ma possession un icarex 35 cs en excellent etat, j’ai changé la pile du posemetre mais n’ayant pas l’habitude des cellules non couplées pour l’argentique je ne vois pas comment elle fonctionne ; je ne rentre que le temps de pose et les iso sur la molette au dessus du viseur et elle se regle seule
    comment choisir mon ouverture ? la mesure d’expostion est elle fixée sur une ouverture ? si oui, laquelle ?
    bref
    merci d’avance de votre reponse 🙂

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  • 5 novembre 2019 à 13 h 34 min
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    Je lui trouve un bon air de l’école allemande d’avant guerre.
    Beaucoup de commun avec l’Exakta ou le Praktina dans le concept.
    Sauf que l’Est a begayé son savoir faire en Praktica alors que l’Ouest l’a begayé en Zeiss et Voigtlander.
    Deux impasses. mais quel plaisir dans nos collections et sur le terrain!

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