Rencontre avec Grégoire Huret

Aujourd’hui, nous vous présentons Grégoire Huret.

Crédit Photo : Grégoire Huret

Crédit Photo : Grégoire Huret

Bonjour Grégoire. Peux-tu te présenter en quelques lignes s’il te plait ?
Bonjour je m’appelle Grégoire Huret , j’ai 31 ans et je vis à Paris. J’aime prendre des photos des gens dans la rue ou simplement du monde qui m’entoure et de les poster sur internet. Au début, je m’étais fait un tumblr que j’avais appelé TETE DE LOUP et puis ça m’est resté et j’ai gardé le nom pour mon site. « tête de loup » c’était mon expression du moment, sorte injure réservée aux amis, rien de bien méchant. Et puis, ça allait bien avec le fait de photographier des gens.
Depuis combien de temps pratiques-tu la photographie argentique ?
J’ai commencé comme tout le monde avec des appareils photos jetables quand j’étais petit. Ensuite vers l’adolescence, mon père m’a appris à me servir de son Pentax : comment faire la mise au point, quel couple vitesse/diaphragme choisir en fonction du sujet, … les grands principes quoi !
Puis il y a eu l’arrivée du numérique qui a éclipsé la photo argentique jusqu’à ce que je retrouve un vieux Rollei 35 SE que mon père m’avait donné. Je l’ai chargé avec une pellicule Kodak TriX 400 juste avant mon premier voyage à New York en 2012 et c’est là que le véritable virus a commencé.
Quelles sont les raisons qui t’ont amenées vers la photographie argentique ?
Elles sont avant tout familiales. Mon père a toujours pris beaucoup de photos. Déjà plus jeune, il partait faire de la chasse photographique en montagne. Il avait appris à développer et tirer les photos en noir et blanc. Il y a toujours eu des appareils photos qui traînaient au fond d’un tiroir.
En grandissant j’ai voulu apprendre quelque chose de nouveau. Je crois que c’est avant tout l’idée du processus qui m’a attiré. Le fait qu’il n’y ai pas juste à appuyer sur un bouton. Comprendre la technique et puis réfléchir au cadrage, à la composition, à la lumière, aux couleurs, etc. Petit à petit, j’ai eu envie de « créer » des images et pas simplement prendre des photos.
Crédit Photo : Grégoire Huret

Crédit Photo : Grégoire Huret

Mon premier coup de cœur a donc été la découverte de New York avec le petit Rollei 35 SE de mon père. Je rêvais depuis longtemps de ce voyage et j’avais plein d’images en tête, mais plus que le résultat, c’est la façon de voir la ville et de capturer les instants qui m’ont d’abord séduit. Il avait une forme d’esthétique qui se révélait à moi et pour laquelle de devenait de plus en plus sensible. Regarder la ville à travers un viseur, écouter le bruit du rideau se refermer, remonter le film après chaque prise de vue et surtout ne pas savoir. Ne pas savoir ce que cela donnerait… j’étais devenu addict.  En rentrant j’ai directement acheté un scanner photo pour voir le résultat. Les contrastes étaient soutenus, le grain était fort et j’ai directement été conquis par la « brutalité » des images créées.
Crédit Photo : Grégoire Huret

Crédit Photo : Grégoire Huret

Plus tard il fallait que j’aille plus loin et que j’apprenne à développer mes négatifs,  parce que j’étais curieux et également pour des raisons financières. De plus apprendre à développer mes films me permettait de contrôler un peu plus encore le processus de création et par conséquent d’apporter une touche perso à mes photos.
Aujourd’hui je refais un peu de photo digitale. Ma pratique argentique a complètement modifié mon rapport à la prise de vue et m’a redonné envie de shooter au numérique, notamment pour faire un peu de couleur.
Quel est ou quels sont tes appareils photos de prédilection ?
Le petit Rollei 35 SE quand il fait très beau. En soirée, le Minolta Hi-matic 35 pour son flash et son côté « cheap ». Les résultats sont sans concessions, tout est plus fort et j’adore ça. Enfin mon appareil de tous les jours, un Leica M6 et son summicron 50mm. Bien sur, tous ces appareils sont chargés avec de la pellicule noir et blanc 400, Kodak Tmax ou Ilford HP5.
Que fais-tu lorsque tu ne photographies pas ?
Je viens de mettre fin à huit années de programmation architecturale pour trouver quelque chose de nouveau. Je ne sais pas encore ce que je ferai demain, en tout cas lorsque je ne suis pas occupé à chercher un job, je passe la plupart de mon temps à prendre des photos, voyager, cuisiner, manger et faire du sport. Pas toujours dans cet ordre !
Crédit Photo : Grégoire Huret

Crédit Photo : Grégoire Huret

 Si tu devais choisir un film et un appareil là maintenant tout de suite, quels seraient tes choix ?
Je testerais bien un moyen format… un Hasselblad ou un Rolleiflex ; et comme je ne fais presque jamais de couleur… un rouleau de Kodak Potra 400 pour aller avec. J’aimerais bien faire du 6X6 en fait !
Qui t’inspire ? (et pas forcément en argentique)
Déjà j’aime être dans la rue, alors j’ai beaucoup d’admiration pour les photographes tels qu’ Henry Cartier-Bresson, Eliott Erwitt, Bruce Davidson, Mary Ellen Mark, Joel Meyerowitz, Wiliam Klein, mais si je devais en retenir un seul alors je choisirais Garry Winogrand. Je me sens bien quand je suis dehors, la rue est une source d’inspiration inépuisable pour moi. Mon père étant architecte, j’ai été élevé dans l’amour des perspectives et des belles lignes et je pense que cela à façonné ma manière de photographier les gens dans des décors graphiques.
As-tu des thèmes photos favoris ? 
Bien entendu, la photographie de rue avec toujours l’idée de photographier les gens qui font la vie de tous les jours. La street photography est un peu comme une thérapie pour moi, cela me pousse à m’ouvrir, à aller vers les gens et pourquoi pas partager un cliché.
Crédit Photo : Grégoire Huret

Crédit Photo : Grégoire Huret

Travailles-tu sur des projets en ce moment ? Du moins si tu peux en parler …  
Ma première exposition vient de se terminer. J’ai exposé une quinzaine de tirages pendant un mois au Tiny Café à Paris. Cela faisait quelque temps que j’y pensais. J’avais envie de partager mes photos avec mes amis mais également de sortir de ma zone de confort et de me confronter au regard des autres.
Cette expérience a été très positive. Le vernissage c’est bien passé, les gens étaient curieux ; j’ai vraiment pris du plaisir à raconter les histoires de chacune des photos. Par la suite, j’ai eu de bons retours ce qui ma conforté dans le choix de m’être dévoilé un peu plus.
A l’avenir j’aimerai bien traiter le thème de la famille. Je voudrais faire quelque chose de complètement différent de mes photos de rue. J’aimerai m’amuser avec des mises en scène, et puis peut être faire un peu de film couleur pourquoi pas.
Merci à Dans Ta Cuve !
Vous pouvez retrouver Grégoire sur :

New York Postcards from Grégoire Huret – tetedeloup.com on Vimeo.

 

Rémy

Depuis le temps, faudrait que je teste le numérique quand même ;)

One thought on “Rencontre avec Grégoire Huret

  • 12 octobre 2017 at 12 h 00 min
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    C’est tout bon !

    Reply

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