5 raisons d’aimer le numérique !

5 raisons d'aimer le numérique

Derrière ce « faux titre accrocheur » se cache en fait des réponses à quelques questions que l’on nous pose souvent sur la pratique de la photographie argentique, notamment sur sa viabilité et son intérêt dans notre monde tout numérique.

Le but n’est pas de rentrer dans une comparaison argentique vs numérique, même si le sous-entendu va être très présent.

 

« L’argentique, c’est mort ! »

Oui, la pratique de l’argentique est morte … d’un certain point de vue … pour les professionnels surtout. Un photographe professionnel doit lutter contre le temps, de la prise de vue au traitement. Le numérique a considérablement réduit ce temps d’autant plus que le nombre de photos prises a lui augmenté. Quelques professionnels travaillent encore en argentique mais ces derniers se font rares et travaillent sur des projets assez spécifiques (photos d’architecture, culinaires, etc …).

L’argentique n’est pas mort. Que ce soit pour le côté fun, le côté vintage ou pour l’amour du grain, nous « bossons » beaucoup sur des projets personnels en argentique. Le travail en labo permet de se focaliser essentiellement sur l’image choisie, sans aucune distraction autour de nous. Nous prenons tout simplement notre temps. L’argentique c’est aussi ça, prendre son temps.

L’argentique est mort parce que nous n’en parlons plus et non parce que nous ne la pratiquons plus.

 

« L’argentique, c’est cher »

Oui et non ! Il existe tout un tas d’astuces pour que cette pratique vous coûte le moins cher possible. Je vous invite à faire un tour sur l’excellent article d’Alexis qui vous permet de calculer le coût de revient des développements pour le noir et blanc.

Concernant l’achat du matériel (pellicules photos, papiers, chimie, etc …), il existe le site comparateur-argentique.com qui regroupe les prix de plusieurs vendeurs. L’achat de pellicules se fait rarement à l’unité et cela permet d’avoir un coût global de vos achats.

La réduction des coûts peut être maîtrisée, notamment si vous développez, scannez et tirez vos photos vous-même. Attention cependant à une chose ! Passer par un professionnel n’est pas le mal absolu. Un beau tirage sur papier baryté ne vous coûtera à peine plus cher qu’un tirage alu dibond avec support. Nous avons le droit de nous faire plaisir un peu tout de même.

D’un point de vue numérique, mon reflex numérique m’a fait acheter un ordinateur avec de bonnes performances, un serveur de fichiers, des disques durs supplémentaires pour les sauvegardes, des comptes pour différents prestataires cloud type dropbox ou hubic, etc. Prenez le soin de calculer également vos dépenses pour votre pratique numérique. Un sujet assez vaste qui mériterait des heures et des heures de discussion : l’obsolescence programmée du matériel. Nous ne le ferons pas là mais combien de temps avez-vous gardé votre matériel numérique ?

La pratique de l’argentique peut sembler coûter chère mais cela est un faux semblant. Il y aura toujours des exceptions avec des appareils photos assez chers, ayant des prix similaires à un numérique moyen de gamme neuf.

 

« L’argentique, ça prend du temps »

Oui. Bien entendu, comme toute pratique. Avec l’argentique, les images ne sortent pas directement. Il faut rentrer dans un processus et dans une chaîne de travail beaucoup plus évidente et plus marquée par des rituels et des étapes. La chaîne de travail en argentique, sur des volumes assez petits, est assez longue. Il n’est pas rare d’assimiler l’argentique avec une pratique studieuse. La sélection des images est plus radicale et rapide.

En numérique, c’est également le cas. Les outils sont tous réunis dans 1 ou 2 logiciels (minimum !). La forme change, mais pas le fond. Il n’est pas rare de multiplier les prises de vues en numérique, d’utiliser le mode rafale ou de shooter 400 photos par jour pendant ses vacances. Combien de temps peut-on mettre pour décharger ses images, les sauvegarder, les importer dans Lightroom, les retoucher sous Photoshop, etc. ?

L’argentique ne prend pas forcément plus de temps de travail et de post-traitement. Il faut savoir qu’en moyenne, une série photos se compose de 10-15 photos environ, 2 à 3 pour des portraits. Faites le ratio Photos Prises / Sélection 😉

« L’argentique disparaîtra, le numérique vaincra ! »

Oui sans hésiter, mais comme le numérique d’ailleurs. Il y a encore quelques années, le reflex était l’arme ultime, le « MUST HAVE » de toutes besaces. Désormais, on ne jure que par les hybrides. Et encore, il suffit de s’intéresser au marché des smartphones pour savoir que la pratique et la technologie évoluant tellement, qu’ils prennent le pas sur le reste. Laissons ce débat aux puristes du piqué !

Revenons à la réalité. Ces deux pratiques cumulées peuvent nous permettre un éventail de créativité quasi infinie surtout si vous avez une approche de la photographie plus artistique.  Prenez quelques instants pour regarder cette vidéo de Paul Allain pour vous en convaincre.

Cependant, il reste tout de même quelques personnes inventives comme Lomig qui propose un nouveau film, le film Washi. Que l’on apprécie le rendu ou pas, il faut reconnaître que cette audace donne un espoir sur la pratique argentique. Continuez à le suivre, il nous réserve encore quelques surprises au fil du temps 😉

D’ici quelques années, il ne restera surement que les films les plus utilisés comme les HP5, TriX, Neopan, etc. Il existe notamment beaucoup de recettes sur internet nous permettant de développer ses pellicules sans utiliser de la chimie industrielle. Nous en reparlerons très prochainement !

« L’argentique c’est encombrant! »

Il faut reconnaître que certains appareils comme les chambres ou les moyens-format sont assez encombrants. Nous avons tendance aussi à accumuler les appareils en les collectionnant (on compte les polaroids et les sténopés aussi ou pas ? 😉 ). Et il y a aussi les trépieds 😉

Le photographe argentique « actuel » a tendance à n’utiliser qu’un à deux objectifs dans son sac (un 28, 35 ou 50mm de préférence).  Finis les 80-200 de 10 kg ! On garde cela pour le numérique et surtout pour le papy se baladant dans les allées du salon de la photo qui souhaite photographier les fifilles faisant du sport sur le stand de la fédération française de photographie !

Il reste le point labo photo qui ne prend pas plus de place qu’un bureau standard ! La difficulté principale est le point d’eau assez inévitable. C’est le seul point où nous pouvons parler d’encombrement.

Encore et toujours, cela dépend de l’usage photographique !

Alors ? Alors ? Qui a gagné ?

L’article découle vraiment des discussions ayant eu lieu durant nos rencontres, notamment celles que nous avons eu pendant le salon de la photo. La conclusion s’est toujours terminée par c’était mieux avant !  Ce n’était pas mieux avant, c’est juste bien maintenant ! Nous avons la chance et la possibilité de jouer avec les deux selon nos besoins. Profitons-en !

Les pratiques photos argentique et numérique ne peuvent être comparées. Beaucoup d’entre nous vont utiliser le numérique pour le côté plus « pro » et l’argentique pour le travail un peu plus personnel où le temps n’est pas compté. Bien entendu, le trait est forcé.

Il n’y a aucune nostalgie à utiliser l’argentique. Juste du plaisir. L’argentique est revenu un peu au goût du jour via la mode et des sociétés qui se démènent tous les jours à faire vivre cette pratique. Il y a tellement de choses à dire et à discuter sur ces points !

L’argentique, c’est un choix de travail et de rendu.

Rémy

Depuis le temps, faudrait que je teste le numérique quand même ;)

6 thoughts on “5 raisons d’aimer le numérique !

  • 7 juin 2015 at 0 h 01 min
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    Très bon article que je rejoints en tout point 🙂

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  • 20 août 2015 at 22 h 14 min
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    la messe est dite le moteur qui fait tournée les usines de film argentique c est les kilomètres de film cinéma 16mm 35mm ;la demande de film postif a disparut avec le remplacement des salle de cinéma par des salle de vidéoprojection , vu le nombre de film commerciale sur support de prise de vue argentique c est devenue rare .et autre moteur était les photographe du dimanche avec les vues de leur familles . Un autre problème entretenir une usine coute très cher si elle ne fait pas de bénéfice

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  • 31 août 2015 at 15 h 05 min
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    J’ai décidé de me mettre à l’argentique pour plusieurs raisons. La première est que je trouve que les appareils argentiques ont mille fois plus de gueule que les numériques! Aussi, je suis du genre mitraillette à photo en vacances, donc merci le numérique mais je n’ai pas le temps de penser à ce que je prend en photo. Il n’est pas rare que je charge mes photos sur ordinateur avec 10 fois la même photo prise à la suite… Avec l’argentique, je souhaite réfléchir, me poser et me limiter! En octobre, je pars un mois en Grèce. Là où en 2013 j’avais fait 2000 photos en numérique lors du même voyage, j’ai décidé de partir avec maximum deux pellicules… Et puis, ce grain! Magnifique!

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    • 28 août 2016 at 13 h 03 min
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      Je lis seulement aujourd’hui cet article. Vous y allez fort Annabelle ! Vous imposer de passer de 2000 photo à 72 sur un mois dans un pays comme la Grèce… je pense que vous avez racheté des pellicules sur place… Non ? Où alors vous avez aussi emmené votre numérique que vous avez ramené blindé de photos…

      Pour abonder dans le sens de cet article, je crois aussi qu’il n’est pas question de savoir ce qui est mieux mais de savoir ce qu’on veut. En vacances par exemple on peut vouloir deux choses contradictoires dont l’une n’empêche pas l’autre grâce à la possibilité de faire cohabiter numérique et argentique.

      Le photographe passionné d’argentique qui affirme détester le numérique est un menteur. La photographie c’est partager une émotion, elle n’a aucun intérêt si elle reste enfermée dans un écrin que seul le photographe peut ouvrir. Et qui peut nier le plaisir de partager son émotion du jour tout de suite ? Surtout en Grèce, n’est-ce pas Annabelle ? Quand des amis se rendent dans de si beaux pays et qu’il ont la possibilité de poster ou m’envoyer via MMS quelques images prises ne serait-ce qu’avec leur smartphone, quel plaisir de les voir presque aussitôt prises, avec ce sentiment d’être presque avec eux, avec le plaisir de voir qu’ils passent un bon moment. Cela l’argentique ne le permet pas, il faut attendre le retour de ses amis quand tout est fini pour voir les images et pour le coup, la magie d’avoir ce sentiment d’être à leur coté au moment de la photo n’est pas. Une image numérique qui nous aura ému sur l’instant partagée via le réseau social ou le smartphone n’a pas du tout la même saveur quand on la découvre à posteriori en argentique, elle a même souvent un coté très banal avec peu d’intérêt émotionnel. A posteriori, pour émouvoir, l’image doit vraiment avoir un caractère très personnel et en général ce genre d’image demande un peu de temps et on ne déclenche qu’une seule fois ou deux pour chaque émotion qui ne sont pas si fréquentes que ça quand on y réfléchit. C’est là que l’argentique a plus d’intérêt car limité par le nombre de vues et le fait de ne pas voir le résultat tout de suite force l’imagination et l’attention, force à ressentir profondément ce qu’on photographie.

      Deux intentions contradictoires mais qui peuvent parfaitement cohabiter.

      Quand je vais en vacances j’emmène toujours mon numérique avec mes boitiers argentiques. Sur place, pour une ballade je fais un choix pour l’argentique : 6×6, 6×7 ou 24×36 mais pas les trois en même temps car là aussi on ne photographie pas la même chose selon les formats, disons que l’intention n’est pas la même et je crois qu’il faut prendre un parti pour rester dans un état d’esprit constant pour pouvoir traduire au mieux son émotion profonde à travers une composition. Et puis j’emmène systématiquement le numérique pour le plaisir de partager l’immédiat le soir même avec des images sans aucune prétention ni intention autre que l’instantané type carte postale : un couché de soleil, un ciel d’orage, un monument, une foule étonnante, des couleurs vives sur un marché, des fruit qui font saliver, une pause sur une terrasse avec vue imprenable… bref, la sensation immédiate à partager presque immédiatement. Là, le numérique est imbattable. Je dirais même qu’il nous décharge de l’hésitation à photographier le banal, on le photographie sans y penser, il permet ainsi de jeter son dévolu sur l’argentique uniquement pour ce qui nous touche profondément et qu’on cherche à restituer le mieux possible en ne déclenchant que lorsque l’émotion profonde est vraiment là.

      Voilà. Je reste donc très curieux de savoir si vous avez tenu votre engagement Annabelle : seulement 2 pellicules pendant un mois en Grèce et sans numérique ?

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  • 29 mai 2016 at 12 h 40 min
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    Je ne suis pas vraiment d’accord pour dire que l’argentique est fini, qu’il n’a plus d’avenir.
    Évidemment, il ne reviendra jamais comme dans ses belles heures, dans bien des cas le numérique est considérablement plus confortable, je pense entre autre au photo journalisme.
    Par contre, équipé en numérique 24×36 depuis 2009, je suis venu à l’argentique récemment. Pourquoi ? Le numérique s’est tellement imposé que c’est pour moi une nouvelle démarche artistique dans la photo. C’est bête, mais avec l’argentique je fait ce que les autres ne font pas, le rendu n’est pas le même. Surtout en noir et blanc !
    En 2009, quand je me suis équipé en numérique, le format 24X36 n’était pas commun. Je faisait vraiment des portraits très différent de ce que les amateurs éclairés (que je suis) faisait. (profondeur de champs, distortion…) Aujourd’hui ce format ce démocratise, et demain de plus en plus ! Qu’apporte artistiquement un D810 par rapport à mon D700 ? Rien ! Étant fan de portrait, l’argentique me permet d’évoluer dans cette démarche car non seulement le rendu est différent par son grain, mais je peux me payer un moyen format RZ67 pro2 avec tout les équipements et les objos qui vont bien pour un prix abordable (1200 euros environ alors que le D810 coute 3000 euros boitier nu). En numérique c’est pas la peine d’y penser…Et là, je peux vous assurer que la physique de la photo n’a strictement rien avoir avec le 24X36 et encore moins qu’avec de l’APS.
    Évidement le confort du clique facile n’est pas là, mais c’est bien l’intérêt de l’argentique, le cerveau ne va pas travailler de la même façon, tout se passe sur le terrain. Vous aurez moins d’images, mais elles seront plus belles !

    Bref, je ne suis pas là pour vendre des pellicules, mais le choix de l’argentique s’inscrit dans un but purement artistique. Je regrette qu’un système doit en remplacer un autre (ce qui n’arrivera pas j’espère). Ce n’est pas comparable, pas le même plaisir, pas les mêmes finalités, pas le même travail. Les deux doivent cohabiter dans la perpétuité, il en faut pour tout le monde.

    D’ailleurs, bien des photographes de mariage pro en font leurs business, l’argentique est devenu la haute couture de la photo, l’authenticité, un savoir faire, un fine art. Certains ont réussi à jouer cette carte du luxe et se sont intégrés dans cette industrie. C’est tout un travail de marketing, d’image, mais ça marche ! Je vous invite à aller voir le travail de « Greg Finck », c’est le plus connu dans ce genre en France. Il se permet d’afficher des tarifs exorbitant, mais il a réussi à cibler toute une clientèle, et franchement, son travail le vaut ! C’est là ou l’on peut trouver un réel intérêt à l’argentique ! C’est différents et classe !

    J’espère que mon commentaire vous apportera des réponses dans votre recherche.

    Bien à vous !

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    • 30 mai 2016 at 12 h 00 min
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      Merci pour ton commentaire.
      Je tiens cependant à rajouter une petite chose … cet article n’est clairement pas à prendre au premier degré. Il y a beaucoup d’ironie … 😉

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