Test du Mamiya C3 : l’indestructible

Pour faire rougir un adepte du Rolleiflex, sortez donc votre Mamiya C3. Et si il ne rougit pas, vous pouvez toujours le menacer avec votre pavé photographique 🙂

Mamiya C3 – Olivier Texier


Voyons voir de plus près, de quoi il s’agit.

1. Un peu d’histoire

Pour faire face à Rollei et Hasselblad, Seiichi Mamiya invente un appareil photo bien singulier, qu’aucun constructeur ne lui copiera.

Le Mamiya C3 est un appareil photo moyen format de type reflex bi-objectif interchangeable, entièrement mécanique, produisant des négatifs de taille 6×6 cm.  Performant et robuste, il fût une alternative intéressante pour les professionnels vis à vis des (toujours) coûteux boitiers de la firme Hasselblad.

Mamiya C3 @La_Molte

Mamiya C3 – Olivier Texier

Comme tous les boitiers de la série C (et en digne héritier du Mamiyaflex C) l’intérêt du C3 réside dans la platine porte-objectifs amovible permettant ainsi, et à la différence des Rolleiflex, de pouvoir changer de longueur focale. La gamme d’objectifs proposée par la marque va de 55mm à 250mm.

2. Le Mamiya C3 en détails

  • Origine : Japon
  • Poids : 2kg
  • Construction : 1962 – 1965
  • Format de film : 120
  • Visée : Reflex
  • Cellule : non
  • Mode(s) d’exposition : manuelle
  • Sélecteur iso :  oui (pour mémoire de la sensibilité essentiellement)
  • Vitesses : du 1/500 à 1s + pose B
  • Retardateur : non
  • Obturateur : central
  • Prise synchro flash : oui
  • Position double exposition : oui
  • Accessoires complémentaires : Prisme, poignée « sport »
  • Focale standard : 80mm
  • Distance minimum de mise au point : 35cm avec une focale de 80mm

3. Utiliser le Mamiya C3

Le film se charge en ouvrant le dos. Le rouleau vierge se place dans la partie basse en accrochant l’amorce à la bobine réceptrice placée en partie haute. Après 12 vues, bobiner jusqu’à enroulement total du film sur la bobine haute.

Le Mamiya C3 s’utilise en visant à la poitrine (possibilité de monter un prisme au dessus du verre dépoli). Attention, l’image dans le verre dépoli est inversée horizontalement. En effet, il n’y a pas de prisme, il n’y a que le miroir pour renverser l’image. Avec l’usage, on s’y fait. A noter que le viseur est remarquablement clair par rapport à d’autres marques (Yaschica, Semflex).

Mamiya C3 - Olivier Texier

Mamiya C3 – Olivier Texier

On fait la mise au point en actionnant deux gros boutons situés en bas, mobilisant une crémaillère. Plus la distance sujet/plan focal est courte, plus le soufflet se dépliera et le tirage augmentera.

Par ailleurs l’armement de l’obturateur est déconnecté de l’enroulement du film. Par conséquent, deux manipulations sont nécessaires pour exposer une vue et passer à la suivante : armement + double demi-tour inversé de manivelle (+180° / -180° ) .

Enfin, pour une bonne exposition de vos films, préférez l’usage/acquisition d’une cellule. On en trouve de vieilles à aiguille un peu partout sur le net.

Mamiya C3 - Olivier Texier

Mamiya C3 – Olivier Texier

Mamiya C3 - Olivier Texier

Mamiya C3 – Olivier Texier

Mamiya C3 - Olivier Texier

Mamiya C3 – Olivier Texier

4. Problèmes connus

Outre la visée, il existe aussi un problème de parallaxe du fait de l’écartement prononcé des axes optiques des deux objectifs (celui pour la visée et celui pour la prise de vue) (l’effet est plus remarquable que sur un Rolleiflex), et pas d’indicateur dans le dépoli (problème réglé à partir de son successeur, le C33).

Enfin, ce ne sont pas des problèmes à proprement parler, juste des caractéristiques propres à ce boîtier, qu’il faut savoir apprivoiser. Avec les mauvaises surprises du premier rouleau, vous aurez vite compris.

5. Verdict

Le Mamiya C3 est un appareil moyen format solide et performant, disponible avec de nombreuses optiques de bonne qualité (Sekor avec obturateur Seiko notamment).

Cependant, si vous souhaitez faire de la photo de rue au débotté, passez votre chemin. A moins de préparer sa scène comme le faisait H.C.Bresson, ce n’est pas un boîtier autorisant une grande réactivité. Plutôt du portrait, paysage, nature morte, mode.

Avec l’expérience du (lourd) bouzin vous gagnerez en vitesse de shoot. Mais quand on fait de l’argentique c’est aussi qu’on aime prendre son temps en soignant sa prise de vue, alors… Tout reste possible (ou presque) !

La_Molte

Sensibilité estimée à 800iso.

12 thoughts on “Test du Mamiya C3 : l’indestructible

  • 13 mai 2013 at 12 h 51 min
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    Excellent article à propos d’un boitier mythique, tant pour sa qualité que pour sa robustesse et longévité.
    Merci, car on pourrait avoir envie de le ressortir de son sac 😉

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    • 4 juin 2013 at 14 h 04 min
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      Ne te fais pas mal au dos Philippe 🙂

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  • 9 juin 2013 at 13 h 04 min
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    j’ai cet appareil depuis peu mais j’ai déjà loupé trois pellicules
    qu’est ce que c’est cette manoeuvre de faire un tour arrière pour enclencher? là est peut etre la raison de mes échecs
    merci de m’en dire plus
    bien à vous
    isabelle

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    • 31 juillet 2013 at 21 h 51 min
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      Bonjour, si tu ne fais pas ce double demi-tour (comme sur un Rollei), ton film n’avance pas et tu ne peux pas déclencher.

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  • 17 juin 2013 at 13 h 07 min
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    petite correction H.C.Bresson n’utilisait que son leica
    c’est plutôt de Robert Doisneau 😉 dont tu voulait parler
    car oui « le baiser de l’hotel de ville » par exemple est une photo posée faite au 6×6

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    • 31 juillet 2013 at 21 h 54 min
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      Je ne parlais pas matériel mais méthodologie de prise de vue de ce qu’on appelle maintenant la street-photo. Il avait son cadre dans le viseur et attendant LA scène (enfin en caricaturant).

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  • 22 août 2013 at 22 h 20 min
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    Super appareil en effet.
    J’ai opté pour son ultime evolution : le C330f

    Toujours agréable de s’en servir en street… Personne n’y fait trop attention de par sa visée !

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    • 29 août 2013 at 23 h 14 min
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      Oui tu as raison Thibaud. facile de passer inaperçu avec la visée poitrine.

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  • 22 août 2014 at 14 h 45 min
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    Je possède un c330 et un c220, assez proche du C3 et les optiques à points bleus sont excellentes. L’ergonomie est parfaite pour moi, qui suis gaucher grace aux deux molettes de mise au point, l’usage d’un rolleiflex est un calvair pour moi. En plus c’est du costaud, parfait pour la vadrouille…

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  • 11 février 2017 at 22 h 09 min
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    Je ne sais pas si c’est encore d’actualité de parler de cet appareil. Mais, il est vrai qu’il a tout d’un très grand.
    Appareil lourd : j’ai fait des balades en montagne avec lui autour du cou. Effectivement, c’est du lourd !
    Je viens de lui trouver un emploi de qualité : il a tout ce qu’il faut pour bien expliquer ce qu’est un appareil photo. Et valable encore aujourd’hui : on y voit tout !
    J’ai limité l’utilisation de cet appareil à cause de Nikon : j’avais un objectif Saphir B sur mon agrandisseur pour le 24×36. Je me suis laissé refiler un Nikor 80mm pour lui, mais cet objectif n’a jamais rien donné de bon à côté du Boyer.
    Je l’avais acheté à un professionnel spécialisé dans les tirages très grands formats, en général plus de 1 m² qui proposait des images de qualité exceptionnelle en N&B.

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