Le révélateur noir et blanc… comment ça marche ?

Le révélateur est le produit le plus important dans le développement noir et blanc. Son choix est au moins aussi important que le choix de la pellicule. C’est le couple pellicule / révélateur qui va donner à l’image argentique son caractère particulier. Mais comment le choisir ? Qu’est ce qui différencie un révélateur d’un autre ? De quoi est-il composé, comment fonctionne t’il ?

Un révélateur, c’est quoi ?

Un révélateur est composé de plusieurs types de composants :

  • Le développateur : Le developpateur est un agent (ou plus souvent une combinaison d’agents) chimique qui va réduire les halogénures d’argent en argent métallique. C’est cet argent métallique qui assombrit le négatif aux endroits où il a été exposé à la lumière.
    Les agents les plus souvent utilisés sont :

    • l’acide ascorbique (Xtol)
    • l’hydroquinone (le « Q » du PQ Universal, Ultrafin, ID11, Microphen, LC29, HC110)
    • le métol (D76, PMK, ID11)
    • la phenidone (le « P » du PQ Universal, HC110Pyrocat-HD,LC29)

    La plupart des révélateurs utilisent une combinaison de ces produits afin de tirer parti des caractéristiques de chacun des éléments.

  • L’accélérant : Pour fonctionner correctement, le développateur doit être en milieu basique. Malheureusement, la réaction de réduction augmente l’acidité. L’accélérant est donc simplement un agent qui augmente le pH du révélateur.
    Quelques accélérants souvent utilisés sont le borax, le carbonate de sodium et l’hydroxide de sodium.
  • Le conservateur : C’est tout simplement un agent chimique qui va retarder l’oxydation (et donc la dégradation) du révélateur. Le plus courant est le sulfite de sodium, mais le fameux Rodinal utilise du sulfite de potassium.
  • L’anti-voile : C’est un agent qui va s’associer aux sels d’argents non exposés pour les empêcher de réagir au développateur. Il est surtout présent dans les révélateurs pour papier, mais certains révélateurs pour film en ont.

Il est important de noter que certains agents jouent plusieurs rôles à la fois. Ainsi le D23 de Kodak contient seulement du sulfite de sodium (conservateur et accélérateur s’il est concentré) et du métol (développateur qui forme des bromures -et donc un antivoile- lorsqu’il réagit).

Produits Chimiques

Révélateur Noir et Blanc

Révélateur Solvant/Non solvant

Des composés chimiques utilisés dans certains révélateurs sont dits « solvants ». Ces révélateurs (Xtol, D76, ID11 par exemple) ont tendance à atténuer le grain. Si c’est l’effet recherché, il faut noter que la contrepartie malheureuse est une très légère perte d’accutance (impression de netteté).
Inversement, certains révélateurs non solvants (Rodinal, HC110, PMK) n’agissent que très peu sur la structure du grain, qui reste donc assez apparent, avec pour effet bénéfique d’augmenter l’accutance.

En général, les révélateurs non-solvants (Rodinal et co…) sont a éviter sur le petit format, et particulièrement sur les pellicules sensibles (400ISO et plus), sous peine d’accentuer énormément le grain (même si personnellement, j’adore la TriX en 35mm dans le Rodinal). Mais ces révélateurs sont particulièrement adaptés là où le grain est moins critique (moyen et grand format, pellicules à grain fin -delta 100, plus x, etc…-).

Compensateur / Non-compensateur

Certains révélateurs sont compensateurs. Cela veut dire qu’ils s’épuisent assez rapidement durant le processus de développement. Mais concrètement ? Pour faire simple, cela veut dire que les hautes lumières se révèlent moins vite que les ombres, le révélateur s’épuisant localement. Les ombres, qui nécessitent moins de révélateur, se développent pleinement.

Cet effet compensateur est souvent obtenu en diluant beaucoup un révélateur puissant (Rodinal, HC110, Pyrocat HD,…) et en limitant l’agitation (en faisant du « Stand développement » par exemple).

Un autre moyen de jouer sur cet effet compensateur, c’est le développement en 2 bains. Le premier bain charge le film en développateur (Métol, phénidone, etc…), qui, n’est pas très actif par lui même. Le second bain, lui, contient l’accélérant (Borax,etc…) qui va déclencher le développement. Le développeur va s’épuiser assez vite dans les hautes lumières, créant cet effet compensateur.

Composants révélateur

Révélateur Noir et Blanc

Conclusion

Il n’y a pas de révélateur miracle ! Chaque type de révélateur a ses forces et ses faiblesses. En photo argentique, il est nécessaire d’expérimenter afin de pouvoir choisir un révélateur et une pellicule qui correspond à l’image que l’on a en tête, ou du moins, à un « look » qui nous plait.

En cadeau voici un petit lien qui permet de bien visualiser l’effet des différents composants d’un révélateur !

 

 

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6 thoughts on “Le révélateur noir et blanc… comment ça marche ?

  • 22 novembre 2012 at 17 h 31 min
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    Merci Peloche, pour cet article, je partage entièrement la conclusion.

    Avant que n’arrive le numérique, j’utilisais beaucoup les révélateur qui donnent un grain fin (Ultrafin, ID11, Microphen).
    Aujourd’hui que je travaille en numérique, et que les images n’ont pas de « grain », je n’utilise plus pour l’argentique que le bon vieux Rodinal qui donne un beau grain très précis et tranche ainsi véritablement.
    Pour cette raison, je l’utilise aussi pour le 24X36.
    Je cherche le grain que j’ai combattu quelques années auparavant.

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    • 25 novembre 2012 at 12 h 07 min
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      on est d’accord :) Le révélateur et la pellicule choisis sont des outils au même titre que l’objectif utilisé ou le cadrage retenu. Chacun a une manière différente de raconter une histoire, l’important étant d’utiliser l’outil (les outils) qui nous convient (conviennent).

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  • 23 novembre 2012 at 11 h 38 min
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    Pour un néophyte, je trouve l’article super sympa. Petite question les photos utilisées ont été réalisés en argentique ?

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    • 25 novembre 2012 at 12 h 10 min
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      Non du tout! Pour tout avouer, elles ont été prises à l’iPhone. Et les « poudres » sur la photo sont de la farine, du sucre et du curcuma 😉 je ne voulais pas massacrer mes produits. J’aurai du marquer « Photo d’illustration » comme en presse 😉

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  • 27 novembre 2012 at 10 h 29 min
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    Je remarque que tu as des flacons pour du collodion 😉

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  • 28 novembre 2014 at 23 h 33 min
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    Bonjour et bravo pour ce super article,
    (et ce site vraiment bien fait).
    J’ai une question à vous poser concernant le révélateur, un peu compliquée :
    Quel produit liquide mélangeriez-vous au révélateur afin donner du noir, sans qu’il y ait de notion de lumière ?
    Exemple : je dessine avec un pinceau avec une solution blanche ou transparente à la lumière du jour.
    Dans un second temps je passe la feuille au révélateur
    afin de faire apparaître en noir le dessin ?
    Merci beaucoup pour vos lumières
    Alexis

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